
Dear Mr Painkillers (GRCL05) - CD digipack - 2008
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A peine deux ans
après la sortie de leur
premier opus "Off with your heads!" et une
cinquantaine de
concerts un peu partout en France qui leur ont permis d'aiguiser leur
style en
public, les Cornflakes Heroes reviennent avec un
tout nouvel album :
"Dear Mr Painkillers". A la fois une suite logique
donnée à
"Off with your heads!" et la promesse de nouvelles
directions
fertiles, ce deuxième LP tord le cou à toutes les
idées reçues sur le rock indé
made in France, ainsi que sur la peur de la feuille blanche du second
album
casse-gueule.
On retrouve le rock US tendu, voire déjanté dont eux-seuls connaissent la vraie recette (l’allure effrénée et les accords dissonants de "Sex on Channel #4" font mouche), les grands espaces d’un Mid West rêveur et authentique (la guitare lead acidulée de "Waiting for you", la basse pesante sur "Is mother right ?") et des moments plus légers, voire bucoliques (le volontairement paresseux "Shabu, shabu"). Mais les surprises viennent autant de la puissance des hymnes indie instantanés (le très chaloupé "Bloody Valentine") que des nouvelles sonorités distillées à coups d'arrangements précieux ou délirants; le ukulele et les chœurs entre Beach Boys et Arcade Fire de "Baby Honey", le Moog écervelé, la trompette folle et les saturations façon « Wowee-Zowee » de l'imparable "Let me be your Tamagotchi", les sombres accords et le rythme martial de "Pow!" et "Dig a hole", qui rappelleront Cat Power à l'époque de "Myra Lee", les deux voix masculine/féminine et les cordes classieuses de "Trigger dear". Parfois ce sont toutes ces facettes qui se marient dans un ballet nocturne soufflant le chaud et le froid avec un savoir-faire mélodique indéniable (le surprenant « Rotten throat / Sweating Pores » et l’approche grand-huit de « Good morning naked city » dont les montées et la trompette des grands jours donnent simplement envie d’être télétransporté au volant d’une Cadillac sur une route menant droit à NYC, en 1981, après s’être débarrassé de ses parents). On suit avec impatience les sautes d'humeur du quatuor, en grande forme; d'une euphorie punk désarticulée aux abysses désertiques d'un blues aux contours poussiéreux, en passant par des moments d'accalmie presque joyeuse. La production a cette fois été confiée à B. Lemoine au Minipop Studio (Paris). Il en ressort un son à la fois rond et angulaire qui met parfaitement en valeur des titres doux-amers, aux paroles à tiroirs évoquant des thèmes plus sombres qu’on ne pourrait l’imaginer a priori et aux mélodies alambiquées, mais pourtant immédiatement identifiables. Les Cornflakes Heroes livrent ici un second album en forme de coup de poing qui masse où çà fait du bien et qui frappe où çà fait bien mal. La grande classe. |







