
- Sex on Channel #4
- Waiting For You
- Trigger Dear
- Bloody Valentine
- Is Mother Right?
- Let Me Be Your Tamagotchi -

- Rotten Throat / Sweating Pores
- Pow!!!
- Dig a Hole
- Baby Honey
- Good Morning Naked City
- Shabu Shabu
|
A peine deux ans après la sortie de leur
premier opus "Off with your heads!" et une cinquantaine de
concerts un peu partout en France qui leur ont permis d'aiguiser leur style en
public, les Cornflakes Heroes reviennent avec un tout nouvel album :
"Dear Mr Painkillers". A la fois une suite logique donnée à
"Off with your heads!" et la promesse de nouvelles directions
fertiles, ce deuxième LP tord le cou à toutes les idées reçues sur le rock indé
made in France, ainsi que sur la peur de la feuille blanche du second album
casse-gueule.
On retrouve le rock US tendu, voire déjanté
dont eux-seuls connaissent la vraie recette (l’allure effrénée et les accords
dissonants de "Sex on Channel #4" font mouche), les
grands espaces d’un Mid West rêveur et authentique (la guitare lead acidulée de
"Waiting for you", la basse pesante sur "Is
mother right ?") et des moments plus légers, voire bucoliques
(le volontairement paresseux "Shabu, shabu"). Mais les
surprises viennent autant de la puissance des hymnes indie instantanés (le très
chaloupé "Bloody Valentine") que des nouvelles
sonorités distillées à coups d'arrangements précieux ou délirants; le ukulele
et les chœurs entre Beach Boys et Arcade Fire de "Baby Honey",
le Moog écervelé, la trompette folle et les saturations façon
« Wowee-Zowee » de l'imparable "Let me be your Tamagotchi",
les sombres accords et le rythme martial de "Pow!" et
"Dig a hole", qui rappelleront Cat Power à l'époque de
"Myra Lee", les deux voix masculine/féminine et les cordes
classieuses de "Trigger dear".
Parfois ce sont toutes ces facettes qui se
marient dans un ballet nocturne soufflant le chaud et le froid avec un
savoir-faire mélodique indéniable (le surprenant « Rotten throat /
Sweating Pores » et l’approche grand-huit de « Good
morning naked city » dont les montées et la trompette des grands
jours donnent simplement envie d’être télétransporté au volant d’une Cadillac
sur une route menant droit à NYC, en 1981, après s’être débarrassé de ses
parents).
On suit avec impatience les sautes d'humeur
du quatuor, en grande forme; d'une euphorie punk désarticulée aux abysses
désertiques d'un blues aux contours poussiéreux, en passant par des moments
d'accalmie presque joyeuse. La production a cette fois été confiée à B. Lemoine
au Minipop Studio (Paris). Il en ressort un son à la fois rond et angulaire qui
met parfaitement en valeur des titres doux-amers, aux paroles à tiroirs évoquant
des thèmes plus sombres qu’on ne pourrait l’imaginer a priori et aux mélodies
alambiquées, mais pourtant immédiatement identifiables.
Les Cornflakes
Heroes livrent ici un second album en forme de coup de poing qui masse où
çà fait du bien et qui frappe où çà fait bien mal. La grande classe.

|