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Sur un fil entre énergie indie rock
US débridée et subtilité toute en
arpèges mystérieux, la bande son bipolaire de
Moonman and the Unlikely Orchestra étonne par son
agilité et sa cohérence. Le trio
dévoile sur disque comme sur scène une
musicalité à la fois accessible à tous
et pointue dans les virages.
Oscillant entre le rock indé expérimental du
Sonic Youth des années 2000 (« Randomizer
»), le mystère électrifié de
Blonde Redhead (« Deity Girl », « Hit the
Floor »), le noise rock alambiqué, mais sans
concessions d'un Shellac (« The glorious ways of Don Corleone
») et les riffs enlevés des Pixies («
Wings of fire », « Do you really want me?
», « Ace of space »), les dix titres du
nouvel album « Mascarade Labyrinthe » remuent les
tripes dans une chevauchée en grand-huit sur une route
accidentée, entre bosses et faux-plat.
Le format pop, pourtant toujours présent dans les
mélodies, est malmené et cabossé pour
se révéler plus personnel sur le morceau final
« Bubble Boy », qui étire un duo
masculin / féminin faussement naïf dans une
digression instrumentale aérienne et introspective,
débouchant sur un apaisement salvateur.
Quelque part la suite logique du dernier album en date («
Necessary Alibis » - 2006) avec cette fois un son global plus
brut, frontal et plus proche de ce que le groupe dégage en
conditions live, ce nouvel album développe à
nouveau la marque de fabrique des titres à tiroirs, chaque
riff en cachant un autre, chaque morceau en contenant deux ou
même trois (« Fail to surprise »,
« Big Drift »), souvent le reflet de paroles
à la dualité parfois touchante, mais souvent
cyniques et à double tranchant.
Autre singularité, le jeu en auto-sampling live de guitares
permet de démultiplier les harmonies dans une transe
répétitive par petites touches figuratives, mais
également de sculpter des fins de concert apocalyptiques. Une main de fer dans un gant de velours... ou le contraire.
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