Moonman & The Unlikely Orchestra - Mascarade Labyrinthe - GRCL09

Mascarade Labyrinthe (GRCL09) - LP/digital - 2012


   Sur un fil entre énergie indie rock US débridée et subtilité toute en arpèges mystérieux, la bande son bipolaire de Moonman and the Unlikely Orchestra étonne par son agilité et sa cohérence. Le trio dévoile sur disque comme sur scène une musicalité à la fois accessible à tous et pointue dans les virages.
   Oscillant entre le rock indé expérimental du Sonic Youth des années 2000 (« Randomizer »), le mystère électrifié de Blonde Redhead (« Deity Girl », « Hit the Floor »), le noise rock alambiqué, mais sans concessions d'un Shellac (« The glorious ways of Don Corleone ») et les riffs enlevés des Pixies (« Wings of fire », « Do you really want me? », «
Ace of space »), les dix titres du nouvel album « Mascarade Labyrinthe » remuent les tripes dans une chevauchée en grand-huit sur une route accidentée, entre bosses et faux-plat.
   Le format pop, pourtant toujours présent dans les mélodies, est malmené et cabossé pour se révéler plus personnel sur le morceau final « Bubble Boy », qui étire un duo masculin / féminin faussement naïf dans une digression instrumentale aérienne et introspective, débouchant sur un apaisement salvateur.
   Quelque part la suite logique du dernier album en date (« Necessary Alibis » - 2006) avec cette fois un son global plus brut, frontal et plus proche de ce que le groupe dégage en conditions live, ce nouvel album développe à nouveau la marque de fabrique des titres à tiroirs, chaque riff en cachant un autre, chaque morceau en contenant deux ou même trois (« Fail to surprise », « Big Drift »), souvent le reflet de paroles à la dualité parfois touchante, mais souvent cyniques et à double tranchant.
   Autre singularité, le jeu en auto-sampling live de guitares permet de démultiplier les harmonies dans une transe répétitive par petites touches figuratives, mais également de sculpter des fins de concert apocalyptiques. Une main de fer dans un gant de velours... ou le contraire.