Action Dead Mouse est
le titre de la performance dans laquelle Joseph Beuys met en
scène, à sa façon, la mort et la
renaissance de
l’art. Mais le produit de la résurrection est
inévitablement différent de ce qu’il y
avait avant.
Et surtout, il a devant lui un énorme point
d’interrogation. Action
Dead Mouse
est un projet qui naît des cendres d’autre projets
et de
rencontres inattendues, d’idées recueillies dans
le cours
des années et d’illuminations sonores
reçues
à l’improviste, d’instruments
abandonnés et
ensuite repris, pleins de poussière. Il naît dans
la
même partie du cerveau qui entre en fonction au moment ou la
mariée choisit d’abandonner son propre mariage,
alors que
tous les invités sont déjà assis et
que les
parents ont déjà commencé à
sortir mouchoir
et portefeuille. Dans un certain sens, la fuite dans le monde des
rêves à la recherche de nouvelles illusions, avec
un
réel risque de non retour, est le point crucial du concept,
qui
a engendré la fondation du groupe à Bologne en
Italie en
janvier 2005. Au départ un trio, après avoir
étourdi de nombreux violoncellistes à la sortie
du
conservatoire,ils tournent leur curiosité vers la
sonorité de la viole,le moins connu et le plus
sous-estimé des instruments à cordes mais de loin
le plus
versatile et tout simplement le plus beau.
C’est ainsi que le groupe devient à trois quarts
italien
et un quart espagnol. Au bout d’un an de cris
hystériques
et d’auto-réclusion dans les sous-terrains
d’un
immeuble à la périphérie de Bologne,
long comme un
train et haut comme treize, ils enregistrent en 3 jours et en prise
directe le LP « Pets and
Nerds attack Planet Earth
», 8 morceaux semi-instrumentaux à cheval entre
indie et
post rock, mélange bâtard fait de blues, punk,
musique
classique ainsi que d’atmosphères sonores
tumultueuses.
Le résultat donne du fil à retordre aux
habitués des calvacades de Room 204, Bob Tilton, Shellac ou
Red Neck Manifesto. On pense également parfois
à un Don
Cabellero
qui aurait fait un peu de régime pour arriver à
son poids
idéal. Enlevé et cérébral,
le balai de
boucles de guitare inventive et les rythmes chaloupés, mais
tranchants étonnent par leur singularité et leur
classe. L'obstination des enchevêtrements et des
coupures
salvatrices de "Wegmann",
la décontraction presque dub-rock de
"Edgar",
la subtilité des mélodies imbriquées
de
"Adulationize"
ou encore la rage contenue de "The day
Grandma died"
font de cet album un manifeste inspiré de ce que le rock
instrumental a de mieux à apporter!