Greed Recordings : Action dead Mouse - Pets and Nerds attack Planet Earth gbb

Girouette  (GRCL07) - deluxe digipack - 2010




 
   A grands renforts d'accords de guitare tendus, General Bye Bye commence à dérouler l' « Alphabet » dans un duo sexy et onirique sur fond d'indie pop sautillante, avant de déconstruire l'architecture du morceau en le façonnant à la main dans un ballet juste ce qu'il faut de décadent d'arpèges démultipliés qui ne pourront qu'évoquer le fantôme d'un Blonde Redhead flamboyant. Cette entrée en matière définit subtilement l'essence de cet album protéiforme , mais pourtant cohérent de bout en bout. « When it's gonna rain? » réinvente la pop à gimmicks dans une élégance d'arrangements diluviens, avant que le tubesque « Maniac Mansion » ne dévoile ses plus beaux atours : synthé joueur, guitare volatile, voix complices et rythmes syncopés.
   « I take a bus to take a train, I take a train to take a plane ». Ce sont ces paroles entêtantes et fugaces qui posent les premières pierres du morceau le plus introspectif de l'album, « The never-ending trip » une digression sur le voyage, qui en retire le paradoxe le plus frappant : la joie du départ mêlée au mal du pays. Le kantélé habille les strates de moog puissant avec une retenue toute relative avant que les « Hautes Solitudes », son morceau jumeau, ne prenne un tour presque Gainsbourien avec ses percussions feutrées, à la lisière d'une bande originale alternative de « Virgin Suicides ». « Don't shoot the rabbit » dévoilera le côté obscur de la force de GBB avec une entrée en matière en trompe l'oeil toute en dissonance de guitares, avant de définitivement prendre de la hauteur dans les invectives martiales de Jana, sur un final apocalyptique digne du Sonic Youth de « Nurse ».« Time is on my side » se fait plus suggestif avec une fois encore des mélodies imparables et complexes reposant sur une boîte à rythme spartiate.
  Le vicieux et débridé « Facelift » alterne salves de guitares énervées et passages atmosphériques légèrement discordants pour amener sur un plateau certainement la pièce maitresse qui donne son nom à l'album « Girouette ». Morceau fleuve de plus de 7 minutes, alternant accords désinhibés et envie de grands espaces dans une danse baroque teintée de claviers à la mélancolie contagieuse d'une beauté rare, le morceau aborde le thème du voyage avec un mystère qui laisse rêveur. Pas encore à bout de souffle, l'album s'ouvre encore avec un « French Cancan » qui bondit de toutes parts, entre guitares acérées et batterie tranchante, avec des arrangements à l'ambiance « 2001 Odyssée de l'Espace ». Puis, comme un photomaton amplifiant les moindres détails d'un visage buriné par les aventures qu'on devine multiples, l'onirique « Self-portrait » trace des lignes aux contours presque jazzy pour finalement envouter dans des arpèges réconfortants et salvateurs et une complainte qui laisse entrevoir une suite au périple, certainement un voyage de plus, qu'ils reviendront ne conter bientôt.