A grands renforts d'accords de guitare tendus, General Bye Bye
commence à dérouler l' « Alphabet
» dans un duo sexy et onirique sur fond d'indie pop
sautillante, avant de déconstruire l'architecture du morceau
en le façonnant à la main dans un ballet juste ce
qu'il faut de décadent d'arpèges
démultipliés qui ne pourront
qu'évoquer le fantôme d'un Blonde Redhead
flamboyant. Cette entrée en matière
définit subtilement l'essence de cet album
protéiforme , mais pourtant cohérent de bout en
bout. « When it's
gonna rain? » réinvente la pop
à gimmicks dans une élégance
d'arrangements diluviens, avant que le tubesque « Maniac
Mansion » ne dévoile ses plus beaux
atours : synthé joueur, guitare volatile, voix complices et
rythmes syncopés.
« I take a bus to take a train, I take a
train to take a plane ». Ce sont ces paroles
entêtantes et fugaces qui posent les premières
pierres du morceau le plus introspectif de l'album, « The
never-ending trip » une digression sur le
voyage, qui en retire le paradoxe le plus frappant : la joie du
départ mêlée au mal du pays. Le
kantélé habille les strates de moog puissant avec
une retenue toute relative avant que les « Hautes
Solitudes », son morceau jumeau, ne prenne un
tour presque Gainsbourien avec ses percussions feutrées,
à la lisière d'une bande originale alternative de
« Virgin Suicides ». « Don't shoot
the rabbit » dévoilera le
côté obscur de la force de GBB avec une
entrée en matière en trompe l'oeil toute en
dissonance de guitares, avant de définitivement prendre de
la hauteur dans les invectives martiales de Jana, sur un final
apocalyptique digne du Sonic Youth de « Nurse
».« Time is on my
side » se fait plus suggestif avec une fois
encore des mélodies imparables et complexes reposant sur une
boîte à rythme spartiate.
Le vicieux et débridé « Facelift
» alterne salves de guitares énervées
et passages atmosphériques légèrement
discordants pour amener sur un plateau certainement la pièce
maitresse qui donne son nom à l'album « Girouette
». Morceau fleuve de plus de 7 minutes, alternant accords
désinhibés et envie de grands espaces dans une
danse baroque teintée de claviers à la
mélancolie contagieuse d'une beauté rare, le
morceau aborde le thème du voyage avec un mystère
qui laisse rêveur. Pas encore à bout de souffle,
l'album s'ouvre encore avec un « French Cancan
» qui bondit de toutes parts, entre guitares
acérées et batterie tranchante, avec des
arrangements à l'ambiance « 2001
Odyssée de l'Espace ». Puis, comme un photomaton
amplifiant les moindres détails d'un visage
buriné par les aventures qu'on devine multiples, l'onirique
« Self-portrait
» trace des lignes aux contours presque jazzy pour finalement
envouter dans des arpèges réconfortants et
salvateurs et une complainte qui laisse entrevoir une suite au
périple, certainement un voyage de plus, qu'ils reviendront
ne conter bientôt.